Hubert Védrine : le Brexit, « une opportunité à saisir »

51,9% des Britanniques ont voté le 23 juin dernier la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Après Georges Berthoin le 9 juin dernier, c’est Hubert Védrine qui est venu ce mardi 28 juin commenter les résultats du référendum britannique.

Ancien collaborateur de François Mitterrand, Hubert Védrine a exercé les fonctions de ministre des affaires étrangères de 1997 à 2002, avant de fonder en 2003 sa société de conseil en géostratégie, Hubert Védrine Conseil.

Hubert Védrine a tenu à souligner que pour lui le Brexit n’avait rien d’une « anomalie britannique », mais était le symptôme d’un mal européen plus général. Ce mal a son origine dans la dérive réglementaire de la Commission, qui réglemente à outrance et dans tous les domaines, et dans l’incapacité des élites à produire un projet politique susceptible de convaincre les populations.

Les élites sont trop souvent tentées par un amalgame entre les anti-européens et les simples sceptiques — ces derniers étant pourtant l’immense majorité de la population européenne. Le Brexit est une opportunité à saisir pour convaincre ces sceptiques : il faut pour cela opérer un recentrage de l’Union européenne sur un nombre restreint de missions fondamentales, avec en premier lieu une consolidation de l’espace Schengen, et parvenir à formuler un projet politique apte à mobiliser les européens. Un idéal de préservation du « mode de vie à l’européenne », modèle d’équilibre entre l’individu et le groupe, semble, pour Hubert Védrine, pouvoir constituer un tel projet.

 
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