RENCONTRE ENTRE DE JEUNES ÉLU(E)S ET LA MINISTRE NAJAT VALLAUD-BELKACEM, AVEC LE SOUTIEN DE L’INSTITUT ASPEN FRANCE

Lors des dernières élections européennes, plus d’un million de jeunes se sont abstenus. Cette situation particulièrement grave interpelle l’ensemble des responsables politiques, et appelle des réponses concrètes et rapides.

La ministre en charge de la jeunesse, Najat Vallaud-Belkacem, a souhaité ouvrir une discussion de fond avec des représentants directs de la jeune génération. C’est pourquoi elle a invité de jeunes élu(e)s de la France entière, qui ont une légitimité à porter la voix de l’engagement des jeunes en politique et de proposer des solutions.

L’Institut Aspen France organise depuis 2006 un programme de leadership à destination des jeunes élus et a su constituer au fil des années un réseau étendu d’élus locaux de la nouvelle génération. C’est à ce réseau que la ministre, alumni de ce programme, a fait appel mardi 10 juin pour organiser cette rencontre avec une vingtaine de jeunes élu(e)s au Ministère de la Jeunesse, rue Saint-Dominique.

Les discussions se sont focalisées sur quatre thèmes :
1. L’éducation à la citoyenneté
2. La défiance à l’égard des responsables politiques
3. Des politiques publiques impuissantes à agir sur le quotidien
4. Les causes de l’abstention appellent aussi d’autres formes de communication et une simplification de l’accès au vote

À la demande de la ministre, une suite sera donnée à cette rencontre : les jeunes élus vont former un groupe de travail sur chaque thématique. Ils présenteront leurs contributions à la ministre, à l’occasion d’un nouvel échange au mois de juillet.

L450xH247_20140610_104338_2_-2-7f2c9Ci-dessous, des propos tenus par les élus pendant la rencontre avec la ministre :

1. L’éducation à la citoyenneté
-  Pas d’éducation civique au lycée, confusion totale des jeunes sur qui est responsable de quoi
-  Nécessité de développer le service civique européen
-  Déficit de formation des jeunes à la vie publique, il faut aussi revaloriser le rôle des partis à cet égard. Pourquoi ne pas créer plus de liens entre l’école / le collège et de jeunes élus ?
-  Pour se sentir citoyen, on a besoin de trois mots : justice, reconnaissance, valorisation

2. La défiance à l’égard des responsables politiques
-  Les jeunes s’intéresseront à la politique quand la politique s’intéressera à eux
-  Importance de l’exemplarité des élus : on nous balade, les parachutages sont insupportables. Importance de lutter contre le cumul des mandats
-  Faiblesse du nombre de têtes de liste jeunes aux municipales, les jeunes sont les variables d’ajustement de la composition des listes
-  Faudrait-il pour ouvrir les listes aux jeunes créer un système de quotas de jeunes
-  Question du statut de l’élu, pourquoi ne pas envisager un statut de l’élu étudiant ?
-  Dans la défiance à l’égard des politiques, il y a aussi la qualité de l’accueil dans les services publics. Qui parmi les décideurs connaît l’accueil à Pôle emploi ? Pour parler citoyenneté, il faut évoquer l’organisation des instances publiques, y compris les moyens qui leur sont dédiés.

3. Des politiques publiques impuissantes à agir sur le quotidien
-  La génération actuelle est sacrifiée, on a le sentiment d’un bizutage social. Avant on vivait, maintenant, on survit, comment croire dans l’action collective ?
-  Nécessité d’associer les jeunes aux politiques publiques, comme c’est le projet pour la politique de la ville
-  Les valeurs politiques n’apparaissent plus, masquées par un propos technocratique général
-  Dans beaucoup de quartiers, il ne reste que les associations. Les élus et les services publics sont invisibles. Si on coupe les crédits des associations, il n’y aura plus rien
-  Dépossession de pouvoir citoyen au niveau local par les agglomérations, les lieux de décision s’éloignent des réalités de terrain

4. Les causes de l’abstention appellent aussi d’autres formes de communication et une simplification de l’accès au vote
-  Attention : les jeunes qui s’abstiennent aujourd’hui risquent de le faire durablement
-  On est passé d’une abstention de conviction à une abstention d’indifférence
-  Il n’y a pas de crise du civisme, les jeunes continuent de s’engager, mais une crise du politique : ils s’engagent ailleurs
-  La génération actuelle n’a pas de réflexe « patriote » par rapport au vote : son environnement est international
-  Question centrale de l’inscription pour pouvoir voter, il y a souvent une différence entre lieu de vie et lieu d’inscription sur les listes électorales. Il faut rendre automatique le changement d’inscription en cas de déménagement

 
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