RENCONTRE AVEC JEAN-JACQUES LEFRÈRE

Résumé du dîner du club QQFM avec Jean-Jacques Lefrère, professeur de médecine et co-auteur de « La plus vieille énigme de l’humanité » (2013), le 28 mars 2013 à Paris, dans le cadre du thème annuel du club (« le temps long et l’action »).

 Résumé du dîner du club QQFM avec Jean-Jacques Lefrère, professeur de médecine et co-auteur avec Bertrand David de La plus vieille énigme de l’humanité (2013) et de Sophie Hogg-Grandjean, qui a édité le livre chez Fayard. Le 28 mars 2013 à Paris, dans le cadre du thème annuel du club (« le temps long nécessaire à l’action »).

Film de présentation de l’ouvrage : http://www.youtube.com/watch?v=f8kv…

Quelques points relevés dans l’exposé de Jean-Jacques Lefrère

• L’analyse des peintures préhistoriques retrouvées sur les parois de nombreuses grottes en Europe (Lascaux, Chauvet, Altamira, Cosquer, Rouffignac, etc.) a très longtemps été un sujet très cloisonné et réservé à un cercle restreint d’initiés. Les grottes sont peu accessibles, l’archéologie est un milieu relativement fermé qui n’admet guère les profanes. Les peintures pariétales ont été abondamment décrites par les préhistoriens, depuis la naissance de cette discipline. Plusieurs théories ont successivement été élaborées pour tenter d’expliquer le sens de ses peintures et les raisons qui avaient conduit à leur avènement : représentations de scènes de chasse, chamans en transe au fond des grottes… Néanmoins, la communauté scientifique reste divisée à ce sujet sans qu’un consensus émerge, aucune de ces théories n’apportant de preuve tangible de sa solidité.

• Bertrand David, artiste-illustrateur, s’intéresse à l’Histoire de l’art sous l’angle de la méthode : découvrir et comprendre les techniques qui ont été employées pour la réalisation d’œuvres d’art, en particulier dans le domaine du dessin et de la peinture. Comme historien de l’art et technicien du dessin, il a été intrigué par les débuts de la représentation picturale pendant la préhistoire : comment des Hommes, nomades, dont les conditions de vie étaient difficiles, ont-ils pu créer avec autant de précision de telles peintures sur des parois irrégulières et peu accessibles, situées au fond de grottes très sombres ? Par quel miracle cette technique d’exécution s’est-elle transmise pendant des dizaines de milliers d’années, sachant qu’il s’est écoulé entre la plus ancienne grotte ornée connue (celle de Chauvet) et celle de Lascaux la même durée qu’entre Lascaux et le XXIème siècle (quinze mille ans) ? Sachant également que la maîtrise du dessin n’est jamais innée mais acquise au terme de longues années d’apprentissage…

• Totalement en marge des systèmes académiques, Bertrand David et Jean-Jacques Lefrère proposent dans leur ouvrage une explication quant à la méthode utilisée par les Hommes préhistoriques pour exécuter les peintures rupestres. Les peintures préhistoriques auraient été réalisées selon un procédé simple, consistant à suivre le contour d’ombres de figurines projetées sur les parois des grottes. Cette thèse, que Bertrand David a vérifié lui-même grâce à une grand nombre d’expériences pratiques reproduisant ce procédé, permet de proposer des explications à des questions restées jusque là sans réponse : les silhouettes sont toujours parfaites, même sur les parois les plus tourmentées ; aucun détail n’est représenté « à l’intérieur » des animaux ; certains animaux sont représentés avec un « double dos » ; les queues des animaux sont mal attachées ; certaines fresques superposent un grand nombre d’animaux, etc.

• Ce procédé d’exécution est très simple, aisément reproductible, facilement explicable et donc facilement transmissible, et expliquerait pourquoi on retrouve en autant d’endroits différents et pendant une aussi longue période ces peintures. De plus, de nombreuses figurines de la même époque, plutôt plates, ont été découvertes dans les régions des grottes, corroborant la thèse des auteurs.

Quelques points soulevés au cours des échanges ayant suivi l’exposé

• Bertrand David a cherché à obtenir un ou plusieurs cautions scientifiques, sans succès. Non que des scientifiques aient réfuté sa thèse : les personnes interrogées en France n’ont pas répondu ou ont manifesté des réticences à examiner son travail. Avant la publication du livre, les préhistoriens ont gardé le silence ; après la publication, les échanges espérés par les auteurs n’ont pas eu lieu. A quelques exceptions près, la communauté scientifique n’était pas prête à accepter une thèse formulée par des « dilettantes », selon les termes de l’un de ses membres. Fayard a pris le risque de cette publication.

• A l’international, intérêt marqué pour l’ouvrage lors de la foire de Francfort (vingt pays demandent à le lire), les réactions sont favorables. Mais tous ont posé la question : « avez-vous une caution scientifique ? », synonyme de retour à la case départ pour les auteurs et leur éditrice.

• A partir de leurs observations, les auteurs proposent également une hypothèse quant à ce qui a pu pousser les Hommes préhistoriques à réaliser ces peintures : ces peintures ont été réalisées régulièrement tout au long d’une très longue période et semblent avoir fait partie d’une tradition immuable pendant près de trente mille ans. Il s’agit donc d’un acte important, d’un rituel. Or, ce qui nous reste des civilisations anciennes, ce que les Hommes ont voulu conserver dans le temps, ce sont les tombeaux. Les civilisations bâtissent durablement pour les morts. Pendant la préhistoire, les morts sont enterrés à l’endroit même où ils mouraient : peut-être ces peintures ont-elles participé du deuil à accomplir, peut-être ont-elles pu servir d’ex-voto ? Ont-elles pu être considérées comme fixant les esprits des morts, esprits qui ne reviendraient pas hanter le clan du défunt ?

Cela reste une hypothèse.

 
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