Le quatrième séminaire du programme "Jeunes Leaders Politiques 2011-2012" s’est tenu à Bruxelles du 28 au 31 mars 2012.

Les jeunes élus qui suivent le séminaire Jeunes Leaders Politiques 2011/2012 ont d’abord découvert la Commission européenne, son fonctionnement, ses politiques et ses interrogations grâce à des rencontres avec notamment Jean-Claude Thébault, directeur général, chef du bureau des conseillers de politique européenne (BEPA), le think tank de la Commission, Nicoletta Merlot, de la direction générale des politiques de développement, Vasco Cal, membre du BEPA, qui conseille le gouvernement portugais sur les réformes économiques, et Laurence de Richemont, conseiller au cabinet du président Barroso. Ils ont, sous la houlette de Nicolas de La Grandville, directeur, chef du protocole, visité la salle de la Commission et l’impressionnante salle de presse - la plus importante d’Europe - et été informés sur la stratégie de communication de la Commission et la manière dont elle "fonctionnait" avec la presse.

Cette première après-midi s’est conclue par un dîner avec Alain Lamassoure, ancien ministre, député européen et ancien membre de la Convention qui a, notamment, insisté sur la révolution qu’allait constituer à partir de 2014 la quasi-élection, de fait, du futur président de la Commission par le Parlement européen.

Le lendemain, les jeunes élus ont rencontré Jean Pisani-Ferry, directeur du prestigieux think tank économique Bruegel, qui leur a expliqué les arcanes de la crise de l’euro et des dettes souveraines et leur a présenté ses analyses sur la stratégie à conduire.

Le séminaire s’est poursuivi par une visite auprès de la représentation permanente de la France auprès des institutions européennes, où ils ont rencontré l’ambassadeur, représentant permanent, Philippe Etienne, qui leur a expliqué le rôle central de la RP et donné des éclairages sur les dossiers d’actualité.

L’après-midi, ils se sont rendus au Conseil européen, l’autre institution européenne, paradoxalement assez méconnue, où ils se sont entretenus avec Jim Cloos, directeur général au secrétariat général du Conseil, qui leur a dressé un tableau sans langue de bois de l’état de l’Union. Son point de vue a été complété par celui de Richard Corbett, ancien parlementaire européen, conseiller auprès du président du Conseil européen, Herman van Rompuy et par Luuk van Middelaar, plume du président et auteur de l’ouvrage remarqué Le passage à l’Europe, avant d’entendre la chef adjoint du cabinet du Président, Odile Renaud-Basso, qui leur a donné son analyse de la crise de l’euro, complétant le point de vue de Jean Pisani-Ferry.

Les jeunes élus ont aussi visite l’austère salle du Conseil où se rassemblent les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Europe. Au cours d’un dîner de travail, et sous la houlette d’Alain Wouters, consultant et spécialiste des scénarios, ils se sont initiés aux arcanes de l’analyse prospective.

Ces journées chargées nécessitaient un debriefing, qu’ils ont réalisés le troisième jour du séminaire en se livrant à un petit exercice en répondant à la question suivante : "si vous deviez parler de l’Europe, pour la défendre, à vos administrés et aux militants de vos partis respectifs, quels seraient les points essentiels que vous mettriez en avant ?"

Ils ont également poursuivi, sous la houlette de la coach de la promotion, Martine Bizouard-Hayat, leur travail d’analyse personnelle autour de la thématique du conflit. Le séminaire s’est poursuivi par un long et riche entretien avec Pierre Vimont, ancien ambassadeur de France à Washington et secrétaire général exécutif du Service européen d’action extérieure, qui leur a parlé de la manière dont ce service se mettait en place et de ses perspectives.

Place ensuite à la convivialité avec la visite de l’hôtel de ville de Bruxelles, où l’échevin - maire-adjoint - Hamza Fassi-Fihri, ancien du programme JLP d’Aspen, ainsi que Céline Frémault, présidente du groupe CDH au Parlement bruxellois, une ancienne elle aussi, ont généreusement reçu les jeunes élus.

Le dernier jour, les jeunes élus ont écouté l’analyse, stratégique pour notre avenir, qu’a donnée Matthieu Pélissié du Rausas, associé gérant de McKinsey sur l’industrie française, ses forces et ses faiblesses, avec un éclairage comparatif.

Ce séminaire particulièrement dense s’est conclu par une conférence de Pierre Defraigne, ancien chef de Cabinet du commissaire Pascal Lamy, sur les défis futurs de l’Europe.

Les jeunes élus, toutes tendances confondues, sont repartis avec le sentiment non seulement de mieux connaître l’Europe, mais aussi la conviction qu’il importait de la défendre contre les attaques dont elle était l’objet. Certes, l’Union européenne peut être critiquée, mais elle ne saurait constituer une "défausse" pour les politiques surtout quand ils leur imputent des décisions ou des défauts qui sont les leurs - ce sur quoi Alain Lamassoure avait aussi insisté.

Ils sont résolus de mieux expliquer l’Europe, de montrer tous les atouts qui sont les siens, ses réalisations exemplaires. Ils ont également pris conscience du fait qu’elle restait encore une construction fragile. Peut-être ont-ils conduit malgré tout à ce que certains de nos interlocuteurs se persuadent qu’un effort supplémentaire de communication et d’explication du projet qui la sous-tend était plus que jamais nécessaire. Il y a là un travail conjoint à mener à Bruxelles, à Paris et dans les régions.