Le séminaire « Jeunes Leaders Politiques » 2011/2012 réunit 22 élus francophones de France, Belgique et du Sénégal. Organisé et conçu par Nicolas Tenzer, membre du directoire d’Aspen, le cursus comporte quatre modules de deux à trois jours qui ont lieu tous les trois mois de juillet 2011 au printemps 2012.

Ce séminaire a été malheureusement endeuillé par la disparition brutale, au mois d’août, de Serge Tarassioux, maire (PCF) de Pierre-Bénite (Rhône).

Le premier module du cursus, du 5 au 7 juillet 2011, a été consacré à la construction d’une vision politique et à la responsabilité qui incombe à l’élu de concevoir, d’exprimer et de faire partager un projet porteur d’avenir pour la collectivité.

Le deuxième module du cursus, du 6 au 8 octobre 2011, a été consacré aux questions internationales et européennes.

Le troisième module, du 8 au 10 décembre 2011, a été consacré aux problématiques liées à la communication politique et aux clivages français, tant politiques qu’économiques, sociaux et culturels (les déterminants d’une campagne politique, ses ressorts et ses techniques).

Le séminaire fait alterner des témoignages de personnalités, issues tantôt de l’univers politique, tantôt de l’univers de l’entreprise, et des séances de travail autour des outils et des méthodes susceptibles de faciliter aux jeunes élus l’exercice de tel ou tel aspect de leurs fonctions.

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, président du jury de sélection de la promotion 2011/2012, est venu s’exprimer devant les jeunes élus du programme le vendredi 7 octobre 2011, en présence de Jean-Pierre Jouyet, président du Conseil de surveillance d’Aspen France.

Le leadership, a expliqué Valéry Giscard d’Estaing, consiste à « définir des objectifs simples et montrer comment les atteindre ». « Le leadership est un exercice de la pensée, a-t-il ajouté. Il faut réfléchir à ce qui doit être fait et montrer qu’on est capable de le faire. Or la pensée conceptuelle n’a plus sa place en politique. Celle-ci se transforme trop souvent en compétition pour plaire à partir d’affirmations inexactes. Personne ne dit aux Français qu’ils vont devoir baisser leur niveau de vie et travailler plus… ».

Parlant de l’avenir de l’Europe, l’ancien président a regretté qu’aucun dirigeant européen actuel ne dise « heureusement qu’il y a l’Europe » et présente plutôt celle-ci comme une « complication », alors que « le jour ou l’euro disparaît, c’est l’Europe qui disparaît ». « L’Europe à 27 ne peut pas être autre chose qu’une zone de libre échange ». La France, qui représente moins d’un centième de la population mondiale, doit retrouver le « sens de la dimension » en acceptant de « former très vite et sans nouveau traité européen une structure politique forte avec l’Allemagne et les autres pays du groupe central, désireux d’Europe, dont le morcellement explique les secousses actuelles ».

Cette union politique autour du couple franco-allemand devra selon l’ancien président de la République rassembler « 300 à 400 millions de personnes » et adopter une « coordination obligatoire des politiques économiques et budgétaires ». « Il ne faut pas un nouveau traité mais un pacte de la zone euro », a ajouté Valéry Giscard d’Estaing. « Il manque une perspective d’avenir. Si on ne fait rien, il y aura des convulsions probables en France ».

Les trois premiers modules du séminaire Jeunes Leaders Politiques ont eu lieu avec les interventions des personnalités suivantes :

Martine Bizouard-Hayat, coach et formatrice, spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants, l’efficacité des équipes et la conduite du changement ;

Franck Bancel, professeur de finance à l’ESCP Europe et ancien membre du directoire d’Aspen ;

Laurent Cohen-Tanugi, avocat, membre des barreaux de Paris et de New York, vice-président du conseil d’administration du think tank Notre Europe ;

Aurélien Colson, professeur de science politique à l’ESSEC, où il dirige l’Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation (IRENE, www.essec-irene.com) ;

Michel Font, managing partner de Cala Partners, cabinet de recrutement de dirigeants et de conseil en stratégie de communication ;

Paul Jaeger, managing director du Cabinet Russell Reynolds Associates (conseil en recrutement de dirigeants) ;

Jean-Claude Moyal, conseil de direction indépendant ;

François Pitti, vice-président des alliances stratégiques du groupe Alcatel-Lucent ;

Stéphane Rozès, président de CAP (conseil, analyse et perspectives) et ancien directeur général de l’institut CSA, consultant spécialiste en stratégies d’opinion ;

Christian Salmon, écrivain, fondateur du Parlement international des écrivains, spécialiste de l’usage du récit (storytelling) dans les stratégies de communication politique ;

Jacques Skowron, consultant international spécialisé dans le conseil aux collectivités territoriales ;

Jérôme Tixier, conseiller du président de L’Oréal ;

Robert Zarader, économiste et publicitaire, président de Equancy & Co et secrétaire général du Cercle des Economistes, expert en communication "corporate".