Ulrike Guérot, qui dirige le bureau de Berlin du European Council on Foreign Relations, analyse la position ambiguë de l’Allemagne dans la crise grecque dans le dernier numéro d’Aspenia, la revue d’Aspen Italie.

Sous le titre « Germany’s two souls », elle met en évidence la différence de discours entre la chancelière Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble : alors que la première n’exclut aucun scénario pour l’avenir (y compris la sortie de la Grèce de la zone euro), le second propose un Fonds monétaire européen visant à améliorer la gouvernance de la zone euro.

Indépendamment de ce qu’on pense d’un tel Fonds monétaire européen, Ulrike Guérot s’étonne de la façon dont Angela Merkel semble prête à enterrer l’héritage intellectuel d’Helmut Kohl, qui disait que « l’euro était fait pour rendre la guerre impossible en Europe ». A propos de Schäuble, Ulrike Guérot souligne qu’il est peut-être l’un des derniers représentants de l’idée fédérale européenne aujourd’hui bien minoritaire en Allemagne même : « Schäuble’s words had a taste of the old German conviction that the Eurozone is, above all, a political project : “European integration, monetary union and the euro are the only choice”. Therefore, all those wishing for a European Germany should hold to and support Schäuble. The real problem is that his views are no longer necessarily the mainstream or average view of the German establishment ; at best, the German commitment to Europe today comes in another tone, which is arrogant and self-righteous and which conveys that Germany dictates the rules (of austerity) and those who cannot or do not want to follow them are free to leave the Eurozone ».

La conclusion d’Ulrike Guérot sonne comme un réquisitoire : “Germany may be the best pupil in Euroland, but there is little point of being left alone in the classroom. It is striking the degree to which it seems to be forgotten in the current German debate that Germany is the biggest beneficiary of the single market and the euro, as it prevents the other members from devaluing their currencies. Germany can only be an export champion, because of the euro ».

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